Renault Alaskan : le pick-up au losange !

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Renault propose à son tour un pick-up 4×4 dans sa gamme. Etroitement dérivé du Nissan Navara, l’Alaskan de la marque au losange a de grandes ambitions. Il a pour lui un look, des prestations intéressantes, un bel équipement, et de belles capacités routières mais aussi tout-terrains. Son tarif toutefois est un peu élevé.

Renault débarque un peu tard c’est certain, mais avec de véritables ambitions, sur le segment en forte progression des pick-up 4×4 : +25% en Europe l’an dernier. D’accord il n’est pas le premier. Au sein de ce petit segment dynamique s’affrontent déjà deux ténors, le Ford Ranger et le Nissan Navara, mais également de nombreux outsiders comme le Toyota Hilux, le Mitsubishi L200 et son clone Fiat Fullback, le Volkswagen Amarok mais aussi l’Isuzu D-Max et bientôt le très Premium Mercedes Classe-X. Mais il ne veut pas être non plus être le dernier. Pas question ! Alors autant bien se préparer et arriver sérieusement armé pour affronter la concurrence. D’autant que les synergies inter groupe lui permettent d’emprunter la base technique du Nissan Navara. Un pick-up plutôt réussi et qui cartonne au niveau des ventes !

Le nouveau Renault Alaskan cannibalise donc largement le Nissan Navara, comme va le faire d’ailleurs le Mercedes Classe X, mais nous y reviendrons. Le châssis en échelle, une bonne partie de la carrosserie et les trains roulants de la troisième génération de Navara dénommée NP300 sont utilisés. De même que la motorisation turbodiesel 2,3l. dCi déclinée en version 160ch ou 190ch. Ce qui est des plus logique en fait puisqu’elle provient au départ du Renault Master. L’Alaskan se distingue principalement par son capot très musclé, ses ailes bien marquées, sa calandre chromée avec son gros logo et son masque avant qui intègre des phares full Led avec feux de jours C-Shape. La poupe diffère aussi, ainsi que les jantes, sans oublier le système de navigation qui est spécifique au Renault Alaskan. Autre grosse différence, le Nissan Navara n’est proposé qu’en versions de carrosseries « Châssis Cab » et à cabine approfondie « King Cab ». Tandis que le Renault Alaskan n’est pour l’heure disponible qu’en version double cabine.

Un pick-up double cabine très accueillant!

Un choix qui permet à ce gros pick-up de 5,39 mètres d’offrir une belle habitabilité à son conducteur mais aussi à ses passagers. Il faut reconnaître que l’on est plutôt bien « reçu » dans ce pick-up qui n’a rien à envier sur ce point à bien des SUV. Les sièges avant sont confortables. Ils bénéficient d’une assise dite « zéro gravité » pour un meilleur confort et sont chauffants. A l’arrière la banquette profite d’un dossier incliné, un plus pour l’agrément et plutôt rare dans ce genre de véhicule. La planche de bord identique à celle du Nissan Navara déçoit bien un peu par l’utilisation généralisée de plastiques durs. La présentation est toutefois très acceptable. Ce qui l’est moins c’est cette colonne de direction uniquement réglable sur quelques centimètres en hauteur. Pas facile dès lors de se concocter une position de conduite aux petits oignons… L’équipement est en revanche assez généreux une instrumentation couleur à écran TFT 5 pouces, une climatisation bizone, une sellerie cuir, un système multimédia avec connectivité USB et Bluetooth, lecteur CD et navigation dont l’écran 7 pouces accueille une vision 360° (option sur Zen) pour savoir où poser ses roues, un radar de recul, sept airbags, etc. Pick-up utile, l’Alaskan possède une benne des plus logeable avec un volume de 1,17m3 pour une surface de 2,46m2. De quoi accueillir une palette normalisée entre ses passages de roues (1130mm) pour une charge utile pouvant aller jusqu’à une tonne. La ridelle qui supporte jusqu’à 200kg n’est pas fragile. Le système d’arrimage C-Channel est bien fichu mais reste une option sauf sur la finition supérieure. Cette benne peut recevoir un joli hard-top pour plus de praticité, un coffre verrouillable, un arceau chromé très US mais aussi un plateau coulissant. Bref il y a de quoi se concocter un outil de transport à sa main. Ah, j’oubliais l’attelage « lourd » qui permet de tracter 3,5 tonnes, excusez du peu…

2017 - Essais Presse Renault ALASKAN en Slovénie

Le Renault Alaskan est disponible en deux motorisations performantes et économes. C’est le même quatre cylindres 2.298cm3 à injection directe qui est ici décliné en variante simple turbo de 160ch à 3.750tr/min et 403Nm de couple entre 1.500 et 4.500tr/min ou à double turbocompresseur fort de 190ch et 450Nm à des régimes moteur identiques. Ces blocs dCi sont accouplés à des boîtes de vitesses mécaniques à six rapports. Seule la version biturbo 190ch peut bénéficier d’une automatique à sept rapports (+2.000€). Rayon transmission, Renault ne propose pas la transmission intégrale. On a donc à faire ici à une propulsion à train avant enclenchable. Dommage pour la sécurité notamment sur route mouillée ou peu adhérente, la concurrence fait mieux. On profite en revanche d’une boîte de transfert bien réductée et d’un différentiel arrière autobloquant. Pour mieux crapahuter, cet Alaskan propose également une aide à la descente mais aussi au démarrage en côte.

Evidemment ce gros véhicule relativement pesant (2086kg) réclame une conduite adaptée. Mais l’Alaskan fait tout pour vous simplifier la vie. Son freinage se montre puissant et son roulis très mesuré. La tenue de route en ressort très sécurisante et l’on remercie Renault de ne pas avoir retenu la suspension arrière à lames et privilégié celle à ressorts. Avec un chargement de 150kg de sacs de sable dans la benne de notre voiture de test, le comportement de ce gros pick-up est sans surprise et très prévenant. Les accélérations, et c’est heureux, ne sont pas mollassonnes. Notre Renault Alaskan 190ch équipé de la boîte automatique, s’est même montré tonique. Les valeurs d’accélération (10,8 secondes sur le 0 à 100km/h) s’avèrent intéressantes, mais la réactivité pêche un peu du fait des réglages « confort » de la boîte. Celle-ci grève également légèrement les valeurs de consommation normalisée avec un total de et 6,9l. (183 gr/km de CO2) quand la boîte manuelle ne réclame que 6,3l (167 gr/km de CO2 ). A noter que lors de notre essai au parcours varié nous avons mesuré un très correct 8,6l. sur 100km. Aujourd’hui les SUV même 4×4 ne sont plus que d’honnêtes routières. Seuls les pick-up utilitaires ou de loisirs savent encore tirer leur épingle du jeu face à une pente herbeuse, ou un dévers rocailleux. Et le Renault Alaskan n’est pas le moins doué de tous. Certes son porte à faux important, ses marche-pieds et son empattement généreux (3150mm) ne l’aident pas. Mais ses angles d’attaque et de fuite (29%/25%) et sa garde au sol de 22/23cm lui permettent déjà d’évoluer de manière compétente en tout terrain. A rythme de sénateur, sur le couple, l’Alaskan absorbe les difficultés avec facilité, croise ses ponts en douceur et motrice comme il faut bien que chaussé de pneus typés route.

Le Renault Alaskan semble bien né ce qui risque de poser quelques problèmes à ses concurrents du segment. Logeable et habitable, économe et performant, beau look et agréable à vivre il fait au moins aussi bien que son demi-frère Nissan Navara. Sauf sur un point : le tarif, plus élevé de plusieurs milliers d’euros (Nissa Navara : de 34.210€ à 42.960 €). Car l’Alaskan ne se brade pas et débute à 36.860€ (160ch Life) pour pointer à 45.960€ (190ch Intens). A noter que ce Renault Alaskan est référencé par notre administration fiscale comme un véhicule utilitaire. Il échappe donc au malus écologique, soit un cadeau de 4.050€ à 7.890 € selon les versions.

 


Commentaires
  • Sissi
    Répondre

    Ouah ! un vrai 4×4 passe partout (pas que dans les villes pour snober)
    Cela donne envie d’aller vers de beaux paysages!
    mais il faut savoir le conduire cet ALASKAN … français !

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