Essai du Renault Scénic IV, le nouveau crossover

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Courageux. Il faut être courageux pour interrompre une lignée bien née, un concept gagnant. Avec le Scénic 4, Renault a osé pourtant.

 

Ce n’est pas que que ce petit monospace ait démérité : près de 5 millions d’unités vendues en vingt années, voilà un très beau score. Mais le marché a évolué, ô combien! Aujourd’hui une vente sur quatre est un SUV ou un Crossover. D’ici cinq ans ce sera même pratiquement une sur deux. Et les aficionados du monospace se sont laissés eux aussi séduire par ces véhicules plus élégants, plus modernes et presque aussi pratiques. Alors autant dire qu’il ne fallait pas rester sur le bord de la route et regarder passer le train du progrès… si j’ose plagier. Il était donc temps de retrousser ses manches et remettre à plat le concept.

Renault Scenic - Linstantauto.com

Question look, le Scénic IV rappelle fortement le concept-car R-Space présenté au Salon de Genève en 2011. Sa silhouette reste donc celle d’un monovolume avec un grand pare-brise dans le prolongement du capot court. Mais elle se pince joliment au niveau des hanches et s’offre de généreux passages de roues. Des roues de 20 pouces en série, grandes comme celles d’une voiture de sport, qui remplissent agréablement les ailes et qui possèdent heureusement des flancs (195/55R20) pas trop mini, mini, pour ne pas dégrader le confort. Comme nombre de modèles récents de l’alliance Renault-Nissan, la Scénic se pose sur la plateforme modulaire CMF. L’empattement progresse (+32 mm par rapport au Scénic 3), la longueur également (+4cm) tout comme la largeur (+2cm). Mais les porte à faux sont réduits ce qui lui va plutôt bien. En devenant crossover le Scénic se perche un peu. Il est désormais 4cm plus haut, la position de conduite n’en est que plus agréable. Dernier point sur le design, le pavillon est proposé contrasté. Ce qui allège encore un peu plus la ligne générale. Avec l’option toit panoramique en verre désormais fixe mais qui court d’avant en arrière, on a même l’impression d’être dans un cockpit d’avion. Pas désagréable du tout, surtout pour les passagers arrière.

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A l’intérieur de l’habitacle, la grande planche de bord surprend un peu. On a encore un peu de mal à distinguer les limites de la voiture mais les montants de pare-brise dédoublées améliorent nettement la visibilité périphérique. L’impression générale est agréable, lumineuse. L’habitabilité est en hausse. L’espace à bord est généreux et les rangements nombreux avec notamment un grand tiroir dit «Easy Life» devant le passager avant et une console centrale coulissante de belle contenance (13 litres) qui vient compenser des bacs de portières un peu trop tarabiscotés pour être pratiques. A l’arrière la présence de coffres de rangement rehausse malheureusement le plancher. Ce qui détériore un peu la position et donc le confort des passagers arrière qui sont désormais accueillis par une banquette (2/3-1/3) coulissante, aux dossiers basculants à distance (One Touch, option à 200€), et non plus par des sièges individuels. Le coffre qui gagne 36 litres à 506 dm3 est annoncé par Renault comme «le meilleur volume du segment».

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Dans cet habitacle, de manière générale les matériaux sont de bonne qualité, les ajustages bien réalisés, les revêtements moussus qualitatifs, bref la présentation est agréable et ne souffre pas la critique. L’instrumentation devant le conducteur est commune aux Mégane et Kadjar, l’affichage par écran central partagé avec l’Espace, les Mégane, et la Talisman. On note tout de suite la présence de l’affichage tête haute paramétrable. Un équipement optionnel (400€) qui devrait pourtant être obligatoire tant il simplifie la conduite. Le grand écran central de 8,7 pouces sur les finitions supérieures accueille le système R-LINK 2 avec la navigation, l’info-trafic et la reconnaissance des panneaux de signalisation mais également le système Coyote sans oublier les fonctionnalités Apple CarPlay ou Android Auto ainsi que le système audio Bose® Surround. Sur cet affichage on retrouve les commandes des différentes fonctionnalités : multimédia, navigation, celles du MultiSense qui permet d’accéder à cinq modes de conduite, ou encore le paramétrage de aides à la conduite. Le Scénic IV s’offre en effet un belle dotation de technologie de sécurité avec un régulateur de vitesse adaptatif, le freinage actif d’urgence (AEBS), les alertes de franchissement de ligne (LDW), de distance sécurité (DW), de survitesse avec reconnaissance des panneaux de signalisation (OSP avec TSR), ou d’angle mort (BSW) sans oublier l’alerte détection de fatigue (Tiredness Detection Warning / TDW). Côté pratique on relève la caméra de recul, la commutation automatique des feux de route/croisement (AHL), et une aide au stationnement avec l’Easy Park Assist.

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Le Renault Scénic s’offre une palette de motorisations comprenant six blocs diesel 110, 130 et 160ch et deux moteurs essence 115 et 130ch sans oublier le dCi 110ch «Hybrid Assist» avec son moteur électrique alimenté par une batterie de 48 volts. Ils sont accouplés soit à une boîte manuelle 6 vitesses, soit à une boîte automatique EDC à double embrayage 6 ou 7 vitesses. Sans doute la plus polyvalente, la motorisation Energy dCi 160 TwinTurbo équipée de la transmission automatique à double embrayage EDC à 6 rapports nous a très agréablement surpris. Puissant (160ch à 4.000tr/min), coupleux (380Nm à 1.750tr/min), avec du souffle et un peu d’allonge ce moteur répond toujours présent avec une belle vigueur tout en se montrant discret à condition de ne pas avoir sélectionné le mode sonore réglé au plus sportif. Nous avons relevé sur notre parcours très varié mais équilibré route/autoroute/ville une consommation moyenne de 7,0litres/100km. Sur un parcours routier aux vitesses légales nous sont même parvenus à descendre à 6,6litres/100km après avoir sélectionné le mode ECO. Ce moteur vigoureux met en valeur un châssis très équilibré, rigoureux et neutre qui permet à l’occasion une conduite enlevée. Les grandes roues de 20 pouces permettent un placement rigoureux et ne dégradent finalement pas trop le confort. Ses rivaux Peugeot 3008 ou Citroën C4 Picasso se montrent sans doute un peu plus prévenants mais certainement moins dynamiques tandis qu’un Volkswagen Touran restera un brin plus raide. On regrettera d’autant plus la direction électrique de ce Scénic, certes bien dosée mais un peu avare en remontée notamment au point milieu, mais également ces bruits aérodynamiques qui deviennent gênants dès que l’on dépasse les 100km/h.

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Ce nouveau Scénic a le bon goût de ne pas faire payer trop cher sa modernité. Les tarifs débutent à 24.000€ tout rond avec 0 € de bonus/malus pour un Scénic Energy TCe 115ch en finition d’accès Life pour culminer à  38.000€ et toujours 0 €de bonus/malus pour le Scénic  Energy dCi 160 EDC en finition haut de gamme Edition One.

 

Quelques options :
Jantes alliage 20 » QUARTZ (Intens): 200,00€
Pack Aides à la conduite (assistant maintien de voie, alerte distance de sécurité) (Zen, Business): 300,00€
Pack Cuir Carbone Foncé (sellerie cuir, sièges conducteur et passager à réglage électrique 8 voies chauffants et massants, appuis tête avant et arrière grand confort: 1.700 €
Pack Toit en verre fixe (toit verre fixe, rétroviseur intérieur électrochrome, vitres latérales et arrière surteintées): 600,00€
Pack Business (climatisation régulée, capteurs de pluie et de luminosité, R-LINK 2, cartographie Europe, alerte de franchissement de ligne) (Life): 1.100€
Affichage tête haute: 400,00€

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